Créée en 1909 à Molsheim par Ettore Bugatti, la marque reste aujourd’hui associée au luxe, à l’innovation, avec près de 1 000 inventions brevetées, et à la performance.
Dès 1911, la Type 13, première Bugatti sortie d’atelier, se présente comme une petite voiture équipée d’un moteur sportif de 1 200 cm³. Ettore Bugatti perfectionne progressivement sa mécanique, notamment avec quatre soupapes par cylindre et une cylindrée portée à 1 500 cm³.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la compétition devient centrale dans l’histoire de la marque. En 1921, quatre Type 13 sont engagées à la Coupe des Voiturettes à Brescia, en Lombardie. Elles occupent les quatre premières places. Ce succès donnera d’ailleurs aux Type 13 à 16 soupapes leur surnom de « Brescia ».
En 1924, Ettore Bugatti dévoile sa Type 35 au Grand Prix de Lyon. Elle deviendra l’une des voitures les plus emblématiques de l’histoire de la marque et accumulera les victoires. Les évolutions du règlement donnent ensuite naissance à la Type 39 puis à la Type 39A, équipée d’un compresseur, développant 120 ch et capable d’atteindre 180 km/h. Elle est couronnée Championne du Monde en 1926.
Jusqu’en 1934, les Type 35 puis Type 51 remportent de très nombreuses courses à travers le monde. À partir de 1935, la concurrence des voitures allemandes, soutenues par leur gouvernement, rend les Grands Prix plus difficiles à remporter.
Bugatti signe néanmoins deux victoires majeures aux 24 Heures du Mans, en 1937 avec une Type 57G, puis en 1939 avec une Type 57S.
Après la disparition de Jean Bugatti en 1939 puis celle d’Ettore Bugatti en 1947, une première période de l’histoire de la marque s’achève. D’autres tentatives suivront, notamment avec la Type 251 en Formule 1 au milieu des années 1950, puis avec l’EB110 en 1991. Plus récemment, les Veyron et Chiron ont continué à entretenir le lien entre le nom Bugatti et la performance.
Le plateau présenté dans la galerie 6 réunit 18 automobiles et couvre une grande partie des voitures de compétition produites par Bugatti durant cette période.
Parmi elles figurent notamment deux Type 13, dont un modèle à 8 soupapes datant de 1913 et une Type 13 à 16 soupapes de 1922 au riche palmarès. Cette dernière, passée par l’Angleterre, l’Australie puis la Nouvelle-Zélande, sera présentée au public français pour la première fois.
Le plateau accueille également une Type 16 de 1912, développant 100 ch grâce à son quatre cylindres de 5 litres et capable d’atteindre 160 km/h, ainsi qu’une Type 30 de course de 1923, ayant appartenu à Michel Bugatti.
Autre pièce remarquable : la Type 32 Tank du Grand Prix de Tours 1923, reconnaissable à son dessin en aile d’avion particulièrement novateur pour l’époque. Quatre exemplaires seulement, auxquels s’ajoutait un prototype, ont été construits. Les quatre voitures n’ont disputé que le Grand Prix de Tours avant de rester propriété de l’usine. L’exemplaire exposé est le seul survivant.
Plusieurs Type 35 seront réunies, dont une rare Type 35 du Grand Prix de Lyon de 1924 et une Type 35T de 1930. Le modèle détient un palmarès exceptionnel avec plus de 2 000 victoires en course.
Le public pourra également découvrir une Type 37 de 1926, produite à 286 exemplaires, une Type 39, ainsi qu’une Type 39A de 1926, voiture d’usine ayant notamment participé au Grand Prix de l’ACF à Miramas, au Grand Prix d’Europe en Espagne et à Indianapolis en 1928.
Une Type 40 de 1927, carrossée en Angleterre par Jarvis, rappelle également une page importante de l’histoire des 24 Heures du Mans : en 1930, Odette Siko et Marguerite Mareuse y prennent le départ sur une Type 40. Elles deviennent les premières femmes à participer à l’épreuve et terminent 7es au classement général et 2es de leur catégorie.
Le plateau comprend encore une Type 43 Grand Sport de 1928, une spectaculaire Type 45 de 1930 à moteur 16 cylindres de 3,8 litres développant 250 ch, une Type 51 de 1931 et une Type 54 Grand Prix de 1931, équipée d’un huit cylindres en ligne de 5 litres développant 300 ch.
Enfin, deux modèles illustrent les dernières grandes années de compétition Bugatti avant-guerre : une Type 57S de 1937, carrossée en biplace sport par Dubos, et l’unique Type 59/50B monoplace de 1938. Équipée d’un huit cylindres en ligne de 4,7 litres à compresseur développant 360 ch et pilotée par J.-P. Wimille, cette dernière remporta de nombreux Grands Prix entre 1936 et 1939 avant de conclure sa carrière par une victoire à la Coupe des Prisonniers, au bois de Boulogne, en septembre 1945.